Portrait

Blanche est ton âme qui de la vie ne veut plus
et rouges sont tes lèvres qui appellent à l'infini

Noir est ton manteau dans la nuit
et cerise la robe du dernier parement en velours assombri

Bleu est ton regard dans le ciel du d&part
et roses sont les fleurs dans tes mains qui supplient

Vermeil est ton sang qui jaillit
et carmin sont les plis de ton linceul qui lentement se construit

Nacr& est ton visage comme perle d'ivoire
et azur les gouttes cristallines du collier lapis-lazuli

Jaunes-ocres sont les verts des arbres d'automne
et oranges les feuilles qui vont tomber en lit

Opale est ton dernier soleil encore endormi
et diaphanes les aubes dans les brumes assagies

Emeraude est le champ où l'enfant &tait en toi
et dor&s les fruits mûrs qui ne seront pas pris

Parme est ta couche aux rêves perdus
et blanches sont les dentelles dans l'offrande appauvrie

Garances sont les traces de l'eau de vie s'&coulant en &cume
et vagues claires du sang enfuit

Vaporeuse est l'ombre du tombeau dont la pierre s'ouvre en asile
et r&ceptacle de l'ultime cri




KOCH
Portrait

# Posté le mercredi 27 août 2008 12:14

Modifié le mercredi 27 août 2008 12:46

Les soeurs

Les soeurs
Les soeurs aveugles attendent les douze coups qui vont ouvrir les portes de leur nuit de mères et de novices
L'encens funeste répand les désirs interdits et les péchés du monde encore impunis
L'habit des vestales d'antan est noirci de sang et de fragments sur la table sacrée des derniers supplices
La reine noire conduira le cortège à chevaux dociles dans les méandres du rêve proscrit

Tu es la soeur promise dans ton lit de mariée encore vierge de démons avides de feux et de vengeances
Soumise la romaine est en toi fébrile dans l'âme profonde de son besoin de rédemption et d'abandon
Tu vas du jour à la nuit dans le reflet du miroir trompeur qu'un visage sans nom a laissé comme apparence
Vient l'instant où les larmes cristallisent sur le sol gelé et las le corps se raidit étalé dans le pardon

Bleu est le fond de tes yeux ouverts aux cieux sans taches et aux anges gardiens de ton jardin à peine semé
Vengeur soleil de ta peau nacrée inviolée l'amant surhumain dans son baiser dernier fait le mot aimer
Lutins et fées se disputent l'annoncée dépouille et magique est le drap de soie qui détourne la faux levée
Douce est la voix de l'étranger et dominatrice la force de sa main tendue et inattendu son corps brûlé

L'oiseau noir n'annoncera pas la curée et les soeurs en marche s'égarent dans le désert éternel des cratères
Le temps est passé et le crépuscule résonne d'orages aux voix sourdes dans les éclairs de dieux oubliés
Une servante a échoué et sa mère vengeresse de ne l'avoir trouvée a rompu ses liens de sang et de prières

Une enfant est née et il était écrit que tu serais errante fille des ombres par destin et par oubli
Une fille est en révolte et il était écrit que ton coeur meurtri se viderait d'un rouge fleuve de mots
Une femme est dans un train sans destination ni bagage et chacun la rencontre sans savoir le cri...




KOCH
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# Posté le mercredi 27 août 2008 05:43

Modifié le mercredi 27 août 2008 08:17

Murs

Murs
De mots en silences
De moments en abscences
De secrets en confidences
De souffrances
Tu es toi...

Et je ne connais pas les portes qui conduisent à ce monde intime que tu dis en images
Et c'est un grand livre que tu brûles avec le coeur encore vivant, appelant l'archange
Et survient un beau rêve, imaginant naïvement que je puisses en comprendre chaque page
Et d'espoirs venant, sables mouvants du d&sert de tes errances, je ne vois que mirages
Car je ne suis personne

Alors tu t'exprimes en prêtre
Alors sage près de ces maîtres
Alors devenu &ther d'ancètres
Alors peut-être
Tu es toi...

Murs terrestres comme ossements d'&glises et frontières de droits sans justice ni &quit&
Murs obscènes de prières d&l&tères faisant prisons de misères et de mensonges à c&l&brer
Murs d'hommes en manteau de croyances à l'infini de l'irraisonnable th&ologie des p&ch&s
Murs et couloirs, ombres à froides mortifications, de paliers en &tages, je ne sais oublier
Car je ne suis personne




KOCH
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# Posté le mardi 26 août 2008 11:27

Modifié le mardi 26 août 2008 11:52

Pas à Pas

Pas à Pas
Pas à pas
Dans la nuit bleue des oc&ans
Inutiles
En larmes ou r&surgences
Viles erreurs
Mots de prisons aux murs absents
Utopies
Illusions &clat&es de vie
Dieux d&mons
De traces et chemins mensonges
Terre de suie
Sans âmes ni corps de libert&s
Croix et voix
Baptême du n&ant initi&
Ob&diences
Colliers d'&pines au sang caill&
Lunes et liens
Dans les bibles accumul&es
Tout en un
Plus simple est la v&rit&
Pas à pas




KOCH
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# Posté le lundi 28 avril 2008 14:56

Modifié le lundi 28 avril 2008 15:29

Le Malin

Sous la terre, dans le lit d'argile, le corps se meurt
Maintenant
L'&ther est son dernier souffle au cimetière
D&sesp&rant
Vapeurs bleues de feux que la nuit en transe libère
En volcans
Matière encore à desseins obscurs dans le coeur
Bien avant

Le Malin fera de son sang le premier vin
Avidement
Des os, au dernier craquement, il est le maître
Pour longtemps
Corbeau très haut luisant dans l'arbre ancêtre
Il est temps
Les ailes du m&chant s'ouvrent rarement en vain
Largement

Le d&ment cratère nourrit son immense peuple
Tout venant
De tombes et moribonds au gr& des accidents
C'est d'antan
Que le carrosse bruyant voyage au fil des ans
Depuis Adam
Chevaux noirs et draps dans l'encens, il est temple
Et errant




KOCH
Le Malin
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# Posté le vendredi 28 mars 2008 12:12

Modifié le vendredi 28 mars 2008 12:22